Journal de l’oliveraie – Juillet 2020 – Fructification

Nous revenons d’un long weekend à Cabrières-d’Avignon, durant lequel nous n’avons pas chômé sous le soleil provençal, pour prendre soin de nos chers oliviers. Observation des jeunes olives, pulvérisation d’argile anti-mouche, pose de pièges, taille des rejets, et question de l’eau. Vous nous suivez ?

Après les fleurs, les olives

Lors de notre visite fin mai dernier, la floraison touchait à sa fin et les oliviers baignaient dans un écrin de verdure. Deux mois plus tard, le soleil a grillé l’herbe en paille et les oliviers trônant sur ce tapis doré arborent fièrement leurs olives.

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Il y a quand même quelques olives ! – © In Olio Veritas

Nous savions que la production de l’année serait maigre, car les fleurs étaient peu nombreuses suite à la taille franche du printemps et l’abondance de l’année dernière. Et cela se confirme à la fructification, sachant que seules 3% des fleurs d’un olivier se transforment en olives suite à la pollinisation.

Notre cher Eric – notre mentor local – estime la production finale à moins de 5kg par arbre cette année. C’est vraiment peu, au regard des plus de 20 kg par arbre l’année dernière… Là, certains oliviers n’ont pas la moindre petite olive !

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Si si, je vous jure, il y en a ! – © In Olio Veritas

Mais on garde la pèche : c’est une bonne année d’apprentissage pour nous, sans trop d’enjeux de quantité.

Quelle mouche t’a piqué ?

Ah la mouche de l’olive ! La hantise de tous les oléiculteurs… et bien, elle ne nous a pas loupés. Nous avons sur la parcelle deux oliviers de la variété Grossane, qui est plus précoce que les Aglandau. Ses olives ont donc atteint la taille critique de 8 mm début juillet. Taille à partir de laquelle elle peut être victime d’une piqûre de mouche, qui vient y pondre ses œufs, qui se transforment en larves, qui se régalent de la chair de l’olive jusqu’à en être repues et sortir en laissant un trou béant rapidement réutilisé par d’autres insectes, bactéries ou champignons. Bref, la plaie.
Nos olives Grossanes sont toutes piquées et certaines Aglandau précoces au sommet des arbres aussi. On condamne les plus touchés pour cette année. La Dalmaticose va régler le problème en réduisant les olives piquées à leur noyau, avant de les laisser tomber au sol… tristesse.

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Une olive rabougrie par la Dalmaticose… – © In Olio Veritas

Nous viendrons début juillet l’année prochaine, si les conditions climatiques sont les mêmes, pour ne pas laisser la moindre mouche s’approcher de nos bébés olives. En attendant, nous nous concentrons sur les oliviers non piqués et nous mettons le paquet pour les protéger !

Mettre le paquet d’argile

En bio, pour les non professionnels que nous sommes, c’est l’unique solution : pulvériser de l’argile blanche (kaolin) sur le feuillage et les olives, pour créer une barrière minérale qui empêche physiquement la mouche de piquer les olives.

Qu’à cela ne tienne : nous empruntons à Éric sa sulfateuse à dos, un paquet d’argile blanche en poudre, un fixateur naturel, deux jerricans de 20L et un grand seau. Et nous nous lançons dans la fabrication de la potion magique : 10% d’argile, 0,2% de fixateur. La sulfateuse a une capacité de 10L, ce qui permet de couvrir 5 arbres. On n’est pas rendus, mais très contents d’expérimenter ce nouveau jouet !

Matthieu prépare un masque de beauté à l’argile… – © In Olio Veritas

On parcours l’oliveraie d’arbre en arbre pour pulvériser notre potion sur les oliviers sains, de haut en bas, puis dedans aussi. Six heures plus tard, on fait moins les malins ! Matthieu a les cheveux poivre et sel, et le dos en miette. Et on remet ça le lendemain. Nos oliviers sont magnifiques dans leur robe blanche, prêts à faire barrière à cette satanée mouche.

On reviendra mettre une couche après chaque pluie de plus de 40 mm et tous les mois, car les olives grossissent. Prochain rendez-vous en blanc fin août !

Et voila le travail ! © In Olio Veritas

Jamais deux sans trois boulettes…

Fin mai nous vous faisions fièrement part de l’installation d’un piège à phéromones et d’un nichoir à chauve-souris pour compléter la lutte anti-mouche. Encore deux belles boulettes !

Le piège s’est lamentablement envolé au premier coup de mistral. Toute sa surface de colle s’est couverte de diverses plantes et insectes trouvés au sol, mais pas de mouche… Une bonne occasion d’apprendre à faire des noeuds ! Nous avons cette fois bien fixé six nouveaux pièges sur l’oliveraie.

Installation des pièges dans le sens du vent dominant, le Mistral. © In Olio Veritas

Pour le nichoir, c’est encore plus pitoyable… Ce ne sont pas des chauves-souris qui y ont élu domicile, mais un nid de frelons ! Sympathiques bestioles auprès de qui nous avons campé ce weekend, avec une certaine distanciation sociale… Les conseils d’experts ont été variés, notamment : « mettez un blouson et un casque de moto, bombez, et courrez le sprint de votre vie. »

Mais nous avons finalement suivi l’avis d’un apiculteur voisin, nous l’avons laissé en place. D’une part parce que c’est une vraie galère à enlever. D’autre part parce que l’espace du nichoir étant trop restreint, la colonie va très probablement se déplacer. Et si elle reste, elle disparaîtra dans tous les cas avant novembre (le moment de la récolte). Il nous faudra détruire ce nichoir après son départ.

Le bal des frelons vu de loin : photo distanciée… © In Olio Veritas

Ceci dit, nous avons lu que, pour se développer, une colonie de frelons à besoin de 500 g d’insectes frais. Nous espérons qu’ils sont particulièrement friands de mouches de l’olive !

Soif d’eau

Selon Eric, nous pourrions doubler notre production si nous trouvions le moyen d’apporter de l’eau aux oliviers aux moments clés de leur développement : croissance du bois et des feuilles, floraison, nouaison, sclérification du noyau, etc.

Nous sommes donc allés rendre visite aux voisins pour en savoir plus sur l’alimentation de leur rutilante piscine et les conditions climatiques locales. Bilan, la solution la plus simple et écologique serait de faire de la récupération d’eau de pluie dans une citerne. Nous allons creuser le sujet !

LE sécateur électrique pour les rejets ! – © In Olio Veritas

Un coup de sécateur sur les rejets aux pieds des oliviers, et un dernier tour de l’oliveraie avant de reprendre la route. C’est toujours un bonheur de venir sur ce petit coin de paradis, même si ce n’est pas de tout repos ! Rendez-vous en septembre !

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