遠州オリーブ Enshu Olives – Japon

  • Producteur : Rie et Kenta Suzuki
  • Marque : Enshu Olives
  • Année : 2011
  • Lieu : Ashida, Shizuoka, Japon
  • Oliveraie : 2,4 ha, 700 oliviers
  • Variétés : 11 variétés dont 50% de Frantoio, mais aussi des Mission, Moraiolo
  • Récolte : en octobre, à la main, olive par olive
  • Moulin : en propre, OlioMio 80kg
  • Production : 60L en 2018 (typhon)
  • Autres produits : olives de table, tisanes d’oliviers, savons
  • Spécificités : tout biologique, biodynamique

Quand la jeunesse prend la relève !

Après avoir tourné autour du Mont Fuji et ses lacs, nous nous défaisons de son attraction naturelle pour rejoindre Enshu Olives, dans la province de Shizuoka, à 250 km au sud-ouest de Tokyo. Rie et Kenta forment un couple d’une trentaine d’années et se revendiquent gaiement les plus jeunes producteurs d’huile d’olive du Japon. Ils sont surtout fermement décidés à faire les choses à leur façon, à taille humaine et en agriculture biologique. Rencontre ensoleillée malgré le passage d’un typhon dévastateur fin 2018.

Le couple nous fait faire le tour de ses Frantoio et des jeunes plants de 2018. – © In Olio Veritas

In Olio Veritas – Kenta et Rie, merci de nous recevoir sur votre exploitation, située dans la plus grande région de production de thé au Japon. Pourquoi avoir choisi l’huile d’olive ?

Kenta – Tout a commencé en 2008, lors de notre année d’études à Londres. J’étais lancé dans un tout autre secteur, la mode, mais de nombreux voyages gastronomiques baignés d’huile d’olive et de vin dans le sud de l’Europe nous ont inspirés et donné envie de fuir le chaos des villes pour revenir à la terre et produire notre propre huile d’olive extra vierge. De retour au Japon, nous avons choisi ma région d’origine, la province de Shizuoka, pour acheter un bout de terrain et y planter en 2011 une centaine d’oliviers. Nous avons progressivement planté davantage d’arbres, et depuis 2017 nous avons même notre propre moulin de marque italienne ce qui nous permet d’être complètement autonomes pour produire notre huile d’olive !

Kenta est fier de son tout nouveau moulin italien d’une capacité de 80 kg par heure. – © In Olio Veritas

IOV – Quelle formation technique avez-vous suivi pour vous lancer dans cette nouvelle activité ?

Rie – Si Kenta vient d’une famille d’agriculteurs, moi je viens de la ville, donc nous partions d’assez loin. Avant de nous installer, nous avons suivi un cursus agricole à l’université de Nagano, que nous avons souhaité compléter par une formation pratique chez des oléiculteurs expérimentés. Nous avons passé six mois en Nouvelle-Zélande sur l’île de Waiheke, puis un an et demi en Australie, pour couvrir toutes les étapes de la culture des oliviers à la dégustation de l’huile. Enfin, nous avons étudié les pratiques des producteurs japonais de Shōdoshima, le haut lieu de l’olive au Japon.

Préparer le sol, planter, tailler, entretenir, récolter… Kenta et Rie ont étudié le terrain ! – © In Olio Veritas

IOV – Pourriez-vous nous en dire plus sur votre oliveraie et vos pratiques de culture naturelles ?

Kenta – Nous avons 700 arbres environ, sur plusieurs parcelles. Nous nous trouvons actuellement sur la plus récente de ces parcelles, plantée l’an dernier avec des Moraiolo. La plus éloignée se trouve sur le front de mer, à 15 kilomètres d’ici. En tout nous avons 11 variétés différentes d’oliviers, avec une majorité de Frantoio, mais aussi de Mission, que nous avons achetées et acheminées de Shōdoshima, l’île aux olives. Hérité de la culture du thé, le sol ici est une terre bien noire, spongieuse, pas du tout caillouteuse et donc peu drainante. Ce n’est pas idéal pour les oliviers, qui n’aiment pas l’humidité.

Rie – Nous cultivons tout en biologique, avec des pratiques naturelles et sans aucun produit chimique. Pour protéger les arbres des insectes ou des champignons, nous n’utilisons que de l’eau de mer ou du cuivre. Entre les rangs d’olivier, nous plantons de l’orge ou des haricots, que nous coupons ensuite pour les mélanger avec la terre sous les oliviers. Les herbes et les fleurs sont un bon indicateur de la santé du sol et donc de nos oliviers.

Ici, pas d’herbicide ! Les fleurs parlent pour le sol et les arbres, et tout semble aller pour le mieux. – © In Olio Veritas

IOV – Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ici ?

Kenta – Les typhons ! Trois jours d’ouragan de pluie et de vent avec des rafales à plus de 200km/h peuvent être fatals pour les cultures. Le typhon Trami du 30 septembre 2018 a eu lieu quelques jours avant la récolte des olives. Une vraie catastrophe : nous avons perdu la plupart des olives, et les arbres ont subi des dommages importants. Pour tout vous dire, cette année nous n’avons pu produire que 60 litres d’huile d’olive ! Depuis mi-février, les cuves sont vides, tout est déjà vendu. En plus des typhons, la saison des pluies en juin et le début d’automne humide rendent la tache compliquée, surtout en agriculture biologique, car de nombreuses maladies peuvent se développer dans l’oliveraie avec cette humidité. Je pense que ce climat humide contribue largement au rendement très faible des olives. Ici au Japon, la moyenne est de 10-12% d’huile, loin des 20% qu’on peut observer chez vous alors en Europe.

Suite au passage du typhon Trami fin septembre 2018, les oliviers ont été réparés et stabilisés à l’aide de bambous. – © In Olio Veritas

IOV – Les obstacles sont de taille ! Comment vous en sortez-vous alors ?

Rie – Comme vous avez dû le remarquer, l’huile d’olive extra vierge est un produit très cher au Japon. La récolte est faite à la main et nos olives sont triées une par une sur le volet. Le peu d’huile que nous avons, nous le vendons bien, en alignant nos prix sur ceux des producteurs de Shōdoshima (100 mL = 2800 yens, soit 225€ le litre). De plus, nous avons d’autres produits comme les olives de table, que nous avons récoltées avant le typhon heureusement, et les infusions d’olive principalement à partir des Frantoio qui ont des feuilles bien épaisses. Nous avons différents assemblages de ces infusions, dont les recettes ont été établies par un ami expert en thé, produit phare de la région. Enfin, en tant que « jeunes agriculteurs » nous bénéficions d’une aide de l’État : le pays vieillissant et les agriculteurs aussi, le gouvernement a décider de soutenir la jeunesse néo-paysanne, une aubaine pour nous.

La précieuse huile d’olive 100% Mission d’Enshu devant le Mont Fuji-san. – © In Olio Veritas

IOV – Et 2019 ne pourra être qu’une meilleure année en termes de récolte !

Nous finissons la conversation autour d’une délicieuse tisane d’olive et nos hôtes nous offre généreusement des échantillons de tous leurs produits : huiles d’olive 100% Mission et Enshu blend, olives de table au naturel, tisanes 100% olives, tchai d’olive. Adorables !

Pour en savoir plus :

Retrouvez tous nos articles sur le Japon ici.

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2 réflexions sur “遠州オリーブ Enshu Olives – Japon

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